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LE CONTEXTE & LES ENJEUX
Dans une salle informatique en exploitation, faut-il nécessairement investir lourdement pour gagner en efficacité énergétique ?
Je constate régulièrement que la réponse est NON !
Avant de parler de remplacement de groupes froids, de free cooling, de nouveaux équipements ou de transformation profonde de l’infrastructure, je commence d’abord par regarder ce qui existe déjà et « dégainer » l’arme absolue de l’efficacité énergétique : LE BON SENS et sa meilleure alliée L’OBSERVATION
Bien souvent hélas l’observation a perdu de sa pertinence car elle est émoussée par les habitudes, quant au bon sens bien que présent il cède sa place aux urgences …
Voilà pourquoi, je suggère la simple visite d’un intervenant extérieur spécialisé qui saura, avec son oeil neuf, mettre le doigt immédiatement sur certains points qui hélas font partie du décor.
C’est tout le sens des visites en salle que j’ai pû faire depuis de nombreuses années et dont je vais vous livrer les grandes lignes dans cet épisode.
Comment l’air circule-t-il ? , Sort-il bien des dalles perforées ? Arrive-t-il jusqu’aux faces avant ? Est-il bien dissipé des faces arrières ? Où est-il récupéré ? Quels sont les obstacles en amont au soufflage ou en aval à la reprise ? Comment les baies sont urbanisées ? Qu’est-ce qui est réellement refroidi ? Qu’est ce qui ne devrait pas l’être ? Qu’est-ce qui est mesuré ? … Et aussi, qu’est ce qui a été bien prévu au départ mais qui a progressivement pû dériver avec le temps (Evolution des confinements, taux de perforation et dispositions des dalles perforées, hétérogénéité des racks …)
C’est précisément là que se cachent la plupart du temps ce qu’on appelle les quick-wins : Des actions relativement simples, rapides à mettre en œuvre, peu couteuses vis a vis des matériels IT qu’elles protègent et mesurables et compatibles avec une salle qui doit continuer à produire.
Je constate depuis plusieurs années que l’efficacité énergétique n’est plus uniquement une question environnementale : Elle devient une véritable question d’exploitation, de capacité et de coût à tel point que désormais rares sont les contrats et SLA de mainteneurs qui ne prévoient pas un volet sur l’efficacité énergétique.
Avec la densification des infrastructures, l’arrivée progressive du refroidissement liquide, chaque kWh consommé doit désormais être mieux compris et mieux piloté. La Commission européenne estime que la consommation électrique mondiale des data centers pourrait plus que doubler d’ici 2030, portée notamment par les besoins liés à l’IA. En septembre 2026, elle a d’ailleurs proposé un système européen de notation des data centers et lancé une consultation sur de futurs standards minimaux de performance.
En France, le cadre réglementaire prévoit désormais la collecte et la transmission d’informations énergétiques et environnementales pour les data centers concernés, avec des données devant être mesurées de manière fiable, répétable et reproductible.
Paradoxalement et je le vois souvent sur le terrain : Une salle informatique peut continuer à fonctionner correctement tout en accumulant progressivement des dérives, défauts ou effets indésirables dont il suffirait souvent de prendre conscience pour y remédier.
Un occultant manquant ici, une dalle perforée mal positionnée là, une dizaine de câble abandonnés dans un plénum, une baie déplacée sans recalibrage du confinement, une température de consigne devenue trop conservatrice ou encore un équipement de refroidissement qui fonctionne avec des paramètres historiques peuvent, individuellement, sembler anecdotiques.
Additionnés, ces écarts peuvent pourtant conduire à refroidir bien plus que nécessaire.
Et le risque est double :
- Payer durablement une énergie inutile
- Consommer une partie de la capacité de refroidissement disponible alors même que la densification IT augmente, et Dieu sait que cette réserve capacitaire est précieuse en ce moment
LES BONNES PRATIQUES & NOS CONSEILS
Voici la méthode simple que j’ai mise en place pour détecter rapidement les quick-wins et les mettre en évidence pour l’exploitant ou le mainteneur :
Je recommande de ne pas commencer par chercher « Combien de PUE peut-on gagner ? », c’est bien trop présomptueux étant donné la multiplicité des facteurs qui peuvent influer sur ce ratio et sa tenue dans le temps
Je commence par chercher où l’énergie est consommée inutilement et pourquoi.
1. Je commence par mesurer
Avant toute action, je cherche à disposer d’un état initial : Consommation IT, Consommation infrastructure, PUE constaté et argumenté, Températures en sortie de dalles perforées (plancher) et/ou directement au soufflage (pas de plancher), Températures en entrée des racks les plus denses, T° en sortie des racks les plus denses, T° en entrée de reprise (faux pafond) ou au plus proche des trémies de reprises, hygrométrie, débits d’air, fonctionnement des équipements de refroidissement et historique des consommations.
Le PUE reste un indicateur essentiel, mais il ne doit pas devenir l’unique objectif. L’ISO associe d’ailleurs désormais la mesure de la performance énergétique des data centers à une démarche plus large de management et d’amélioration continue.
2. Je regarde ensuite l’aéraulique et la segmentation des flux avant de regarder les gros équipements
C’est probablement l’un des premiers endroits où je cherche des gains.
Je vérifie :
- l’étanchéité des confinements (espaces > 30 mm aussi bien autour que dans les racks);
- les passages de câbles à travers le plancher technique;
- les U libres en face avant;
- les baies partiellement équipées ;
- les by-pass d’air en dessous, au dessus ou sur les côtés des racks;
- les baies absentes et rangées discontinues ;
- la circulation de l’air chaud vers les reprises ;
- la cohérence entre l’urbanisation réelle et le dispositif de refroidissement ;
- les dalles perforées ;
- les obstacles dans les plénums ;
- les pertes de charge ;
Un moyen simple de vérifier que l’air climatisé est bien distribué en salle et de poser une simple feuille de papier au dessus des dalles perforées :
- Si celle ci monte en flèche ; la vitesse de soufflage et/ou le débit sont trop forts
- Si en revanche elle ne décolle pas c’est que l’air climatisé est bloqué en amont
- => La feuille doit idéalement flotter en ondulant sous la main a 5 ou 10 cm du sol, signe que la pression est nécessaire et suffisante
Le principe est simple : Ne pas produire, transporter ou refroidir de l’air là où il n’est pas nécessaire.
Le Department of Energy américain considère d’ailleurs la gestion des flux d’air comme l’un des leviers fondamentaux de l’efficacité énergétique des data centers. Une meilleure séparation des flux chaud/froid peut notamment permettre de réduire les débits d’air et d’augmenter les températures d’eau glacée dans certaines configurations.
3. Je vérifie les « petits trous » avant de chercher les grandes économies
C’est un réflexe que j’ai développé au fil de mes interventions.
Un trou de passage de câble non obturé peut sembler insignifiant. Mais multiplié par plusieurs dizaines ou centaines, il devient un véritable réseau de fuite aéraulique.
Même logique pour les U non occupés, les panneaux manquants, les espaces entre équipements ou les défauts d’étanchéité périphériques.
Je finis par le bypass le plus couramment oublié mais aussi celui qui représente jusqu’à 25% d’échange chaud / froid inutile : Les espaces laléraux verticaux de part et d’autre des rails de rackage dans les baies de 800 mm.
Un quick-win efficace est souvent un cumul de quick-win isolés et multiples.
4. Je regarde si l’urbanisation correspond encore à la réalité
Une salle informatique évolue en permanence.
Les baies entrent, sortent, changent de puissance, changent de position et parfois de technologie.
Je vérifie donc régulièrement que le confinement, les dalles perforées, les occultants et les dispositifs de distribution d’air correspondent encore à la réalité du terrain.
Un confinement performant le jour de sa réception peut devenir beaucoup moins efficace après plusieurs années d’exploitation si personne ne l’a recalibré en fonction des largeurs et hauteurs disparates des racks qui s’y sont succédés.
Dans le même registre en absence de confinement, j’applique un contrôle de bon sens trés parlant : La capacité de la salle à traiter sa reprise avant que l’air chaud ne recircule. EN d’autres termes ce que j’appelle le niveau « d’essoufflement ».
Voici la méthode :
- Je mesure m’espace sous le plancher = X
- Je mesure l’espace au dessus des racks les plus haut = Y
- => Y doit être > à 1,3 X : En effet, l’air chaud à la tendance naturelle a s’élever pendant que l’air froid plus lourd descend. Comme l’air chaud est en moyenne 1,3 fois plus dilaté que l’air froid dans des registres de température entre 20 et 40°C, cet air chaud s’accumulera et rebouclera sur le haut des racks si l’espace naturel qui lui est réservé n’est pas suffisant. C’est ce simple constat, étayé ensuite par une modélisation et simulation en CFD, qui m’a permis de convaincre avec succès plusieurs exploitant a démantonr leur faux-plafond
5. Je cherche les équipements de distribution du froid (CRAC) qui régulent « par habitude »
C’est un autre gisement que je rencontre fréquemment.
Une consigne historique n’est pas forcément une consigne optimale.
Un ventilateur, une pompe, une batterie froide ou une unité de climatisation peut continuer à fonctionner selon une logique dimensionnée pour une situation qui n’existe plus.
Je cherche donc les possibilités d’ajustement des consignes, des débits, des températures et des modes de fonctionnement sans jamais remettre en cause les exigences thermiques des équipements IT ni la résilience.
Là aussi, évidemment avant de prendre la moindre initiative visant à modifier les consignes et la régulation, j’encourage l’exploitant et son mainteneur à simuler les impacts positifs et s’assurer de l’absence de risque grâce à la modélisation et CFD.
6. Je classe ensuite les actions
Je recommande une matrice de classement très simple :
Gain énergétique potentiel × facilité de mise en œuvre × coût × risque opérationnel × délai de retour.
Cela permet de distinguer :
- Priorité 1 / Quick-win immédiat
→ faible coût, faible risque, mise en œuvre rapide.
- Priorité 2 / Quick-win nécessitant travaux
→ investissement limité mais intervention à planifier.
- Priorité 3 / Projet d’optimisation
→ étude, simulation, travaux ou modification des infrastructures.
- Priorité 4 / Projet stratégique
→ transformation lourde : production de froid, architecture électrique, free cooling, récupération de chaleur, DLC, etc.
Cette distinction évite surtout de mettre dans le même panier une simple obturation de passage de câble et le remplacement d’une production de froid. Vous arrivez ainsi avec un dossier structuré pour convaincre votre DSI avec :
- Achat de produits ou accessoires qui peuvent être déployés immédiatement
- Achat d’aménagements ou petites prestations sous traitées planifiés à moyen terme
- Achat de missions d’accompagnements type A.M.E © sur le moyen-long terme
- Investissement étalés sur un, deux ou 3 ans avec rétrofit, modernisation majeure

7. Je mesure après l’action
C’est probablement le point le plus important.
Une économie d’énergie qui n’est pas mesurée reste une hypothèse.
Je recommande donc de définir avant l’intervention :
- Un état initial ;
- Un indicateur ;
- Une cible ;
- Une période d’observation ;
- Un responsable du suivi.
Puis de vérifier le résultat.
C’est exactement la logique d’amélioration continue portée par l’ISO 50001 : Mesurer, fixer des objectifs, agir, vérifier les résultats et améliorer.
8. Je ne cherche pas systématiquement le « gros projet »
Mon retour d’expérience me conduit plutôt à privilégier une succession d’actions maîtrisées.
Par exemple :
Obturation → recalibrage du confinement → optimisation des flux → réglage des consignes → mesure → validation.
Ce qui m’intéresse n’est pas uniquement le gain de chaque action prise isolément, mais l’effet cumulé sur la performance réelle de la salle.
RÉFÉRENTIELS & RESSOURCES UTILES
Voici les principales ressources que je recommande pour approfondir le sujet.
Commission européenne – Performance énergétique des data centers
La Commission européenne rassemble les obligations de reporting, les indicateurs de performance et les travaux actuellement engagés autour de la performance énergétique des data centers.
Commission européenne – Energy performance of data centres
Ministère de la Transition écologique – Efficacité énergétique des datacenters
Une ressource particulièrement intéressante pour comprendre le cadre français, les obligations de collecte et les enjeux liés à la performance énergétique.
Ministère de la Transition écologique – Efficacité énergétique des centres de données
Légifrance – Code de l’énergie
Le chapitre consacré à la performance énergétique des centres de données précise notamment les obligations de déclaration, de collecte et de transmission des données.
Légifrance – Performance énergétique des centres de données
ISO 50001 – Management de l’énergie
Le référentiel international consacré au management de l’énergie et à l’amélioration continue de la performance énergétique.
ISO 50001 – Management de l’énergie
ISO/IEC 30134-2 – PUE
La référence internationale pour la définition et la mesure du Power Usage Effectiveness (PUE) des data centers.
L’ISO présente désormais conjointement ISO/IEC 30134-2 et ISO 50001 comme un ensemble permettant de passer de la mesure de la performance à son amélioration systématique.
ISO – Data centre energy performance package
U.S. Department of Energy – Best Practices Guide
Le guide du Department of Energy constitue également une excellente ressource technique sur l’efficacité énergétique des data centers : IT, gestion des flux d’air, refroidissement, systèmes électriques, free cooling, mesure et benchmarking.U.S. Department of Energy – Best Practices Guide for Energy-Efficient Data Center Design
LES A.M.E.© D’ODC : NOS RÉPONSES POUR BIEN DÉMARRER
Produits recommandés
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Dalle active auto régulée jusqu’à 5000 m³/h
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Travaux et assistances opérationnelles aux équipes d’exploitation et aux mainteneurs
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Confinement d’allée chaude suspendu type cheminée – HAC – 100% Modulaire – DLC ready
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Baie occultante / de remplacement
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Cloisonnement et gainage des plénums
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Déflecteurs anti-bypass aéraulique – Confinement ponctuel, temporaire ou palliatif
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P3E – Programme d’Excellence en Efficacité Énergétique
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Confinement full autoportant – 100% Modulaire – DLC ready
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Formation à l’Urbanisation physique des salles IT
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Obturateur 1 à 27 U souple et sécable
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Obturateur 1 et 2 U en face avant
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Obturateur 1U avec indicateur de température
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Obturateurs / occultants 1 et 2 U pour câbles traversants avec insert de brosse
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Modélisation aéraulique et hydraulique en 3D / Simulation – CFD
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Plaques d’occultants 6 U sécables – Obturateurs amovibles














